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La sagesse au quotidien Enseignement de Droupla Namdak |
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Lorsque
nous souhaitons aider quelqu'un, nous lui proposons des solutions pour
résoudre son problème. Mais chacun possède sa vision des choses, sa propre
vérité et propose donc des solutions différentes. Le plus souvent nous
ne sommes pas ouverts aux autres possibilités, car nous sommes prisonniers
de nos interprétations. À travers ces deux exemples, nous voyons que le simple désir intellectuel n'est pas suffisant pour aider les autres car nous ne sommes pas libres de nos névroses, de nos penchants, de nos traits de caractère. Nous sommes enfermés dans une vision parfois étroite des choses. En fait, nous cherchons le plus souvent la possibilité de transformer le monde qui nous entoure pour qu'il soit en notre faveur, conforme à nos attentes, à notre représentation du bonheur. Tout ce qui ne peut être façonné, on essaie un temps de le transformer. Si nous y arrivons, nous essayons alors de l'attirer vers nous car cela nous est plaisant. Dans le cas contraire, on le rejette. Entre ces deux extrêmes, beaucoup de choses nous sont indifférentes, nous restons neutres vis-à-vis d'elles. Notre relation au monde est donc sous-tendue par 3 émotions : Le problème réside dans le fait que tous les êtres fonctionnent de la même manière que nous. Tout le monde veut attirer les choses positives et rejette les choses négatives. On se retrouve donc régulièrement en conflit. Plusieurs personnes peuvent vouloir la même chose. En fait tout cela est très subjectif car ce qui évoque le désir chez l'un peut provoquer la souffrance ou la répulsion chez l'autre. On emprisonne plus ou moins consciemment l'objet ou les personnes d'une valorisation, qui n'est pas intrinsèque à cette chose ou cette personne. On peut facilement démontrer que la valorisation des objets que nous faisons n'a aucune réalité, aucune valeur, car elle n'est pas la même pour un objet suivant les personnes. En plus elle change en fonction du moment, car nous-mêmes, nous changeons. · Un hochet nous comblait de joie, bébé, s'il nous était retiré cela nous provoquait une grande souffrance, maintenant ce même objet ne représente plus la même chose à nos yeux. · Une voiture neuve nous comble de joie après son achat, mais après quelques semaines notre plaisir s'émousse. Nous avons des certitudes, des critères précis sur le monde qui nous entoure. Mais tout cela évolue au fil des jours, des mois, des années. Ce qui était vrai ne l'est plus. Ces croyances n'ont pas de réalités définitives (ami un jour, ennemi le lendemain). Ce qu'on désire c'est toujours par intérêt à un moment donné. Si on cherche le bonheur à l'extérieur, on entre en compétition avec l'extérieur et finalement on ne trouve pas ce bonheur. Ce comportement avec les objets est le même avec les personnes. Nous voulons nous approprier la présence des personnes qui semblent pouvoir nous apporter le bonheur et nous rejetons les autres. Malheureusement cette personne ne renvoie pas toujours ce qu'on souhaite comme idéal. Elle évolue, n'est plus conforme à nos attentes. De notre côté, nous ne renvoyons pas forcément l'image qu'attendait l'autre. Ce bonheur attendu dans l'autre est illusoire dans le sens où il change avec le temps. Cela nous renvoie à l'impermanence de toute chose. On est toujours entre espoir et crainte. Espoir d'obtenir ce que l'on désire et crainte de perdre ce que l'on a acquis. Mais, la notion de bonheur et de malheur est totalement subjective. Il faudrait modeler la conscience à ce qui survient à l'extérieur et non pas essayer de modeler l'extérieur à notre vision des choses. En regardant attentivement, on voit que l'ego tente d'interpréter, de classifier toute chose, mais lui-même on ne peut pas l'approcher très finement. Il faudrait voir le bonheur dans toute situation agréable ou non. Pour cela il faut essayer de comprendre cette entité qui interprète toute situation. Où est-elle ? Comment se manifeste-elle ? La méditation permet de voir comment on fonctionne ce qui permet avec de l'entraînement de pratiquer le contentement ? En essayant de cerner le "je" on voit que plus on le cherche moins on le trouve. Exemple : Nous sommes dans une grande maison et quelqu'un nous donne des ordres en permanence par interphone. On décide un beau jour de le rencontrer et on part à sa recherche. On ouvre toutes les portes de toutes les pièces de la maison. Mais personne n'est trouvé. Ce donneur d'ordre si présent n'est nul part. Il en est de même pour l'ego. Ce n'est pas une entité rigide mais plutôt fluide, changeante. Par la méditation, on voit apparaître que le "je" n'a pas de réalité définitive, qu'il n'y a que des instants de conscience qui disent "je". Lorsque nous n'y prêtons pas attention, tous ces instants de conscience semblent ne faire qu'un, de la même façon qu'un film passé à vitesse normale ne nous permet pas de voir qu'il s'agit d'un simple juxtaposition d'images (On voit un Jeeeeeeeeeeeeeeeee ! ! !). Mais si on ralentit le "film", que l'on porte un regard attentif sur son esprit, on voit apparaître les images qui se succèdent les unes aux autres. On peut même découvrir des espaces entre deux images qui ne sont pas "je". C'est la découverte de l'esprit ordinaire, inaltéré, primordial. Par nature notre esprit est :
Mais au quotidien, il est voilé, comme un ciel nuageux. Pour travailler avec et sur cet esprit on peut tout d'abord envisager de régler les problèmes de surface, mais c'est comme vouloir nettoyer la surface d'une piscine avec une épuisette sachant que tous les jours des saletés remontent du fond. Ce travail reste superficiel, et doit être recommencé en permanence. La meilleure solution consiste donc à nettoyer directement le fond de la piscine, pour que saleté ne puissent plus remonter, la piscine est ainsi complètement purifiée de ses impuretés. En société, cela se traduit par le fait que nous nous contenons, pour montrer un bon visage, mais les névroses sont toujours là et nous font souffrir. Pourquoi ne nous attelons-nous pas à la racine des problèmes (le fond de la piscine) ? Par ailleurs, nous disons souvent que nous ne croyons que ce que nous voyons, et c'est ce qui nous empêche de travailler en profondeur car nous ne voyons pas le fond mais seulement la surface des problèmes. Pourtant les émotions, les pensées on ne les voit pas, elles n'ont pas de matérialité, de caractéristiques propres, mais tout le monde admet leur existence, car on y est soumis en permanence, elles se manifestent continuellement. Nous sommes donc assez irrationnel, nous sommes manipulés par des "fantômes" mais cela ne perturbe pas notre esprit cartésien. Nous essayons en permanence de projeter notre monde intérieur, notre chaos vers l'extérieur. Mais tant que nous n'avons pas fait une véritable introspection comment savoir si ce que nous projetons est juste. Le problème c'est que la confusion nous fait souffrir. Nous pensons que c'est la faute de la confusion de l'autre que viennent tous nos problèmes, toute notre souffrance. En fait, quand surgit un problème, notre réaction vient de notre interprétation des mots, des actions de l'autre, de la résonance que nous émettons suite aux stimuli. Car une situation n'a pas de vérité de souffrance ou de bonheur, c'est notre interprétation qui fais naître notre émotion et notre réaction. D'ailleurs, ce qui peut nous irriter un jour ne nous irritera plus le lendemain. Ce qui irrite certaines personnes n'en irrite pas d'autres. Comme on ne peut contrôler les pensées, on peut simplement essayer d'en être conscient pour ne pas être submerger par elles. Essayons de ne plus être des chiens qui courent après toutes les voitures (les émotions) au risque de se faire percuter par elles, mais plutôt des vaches qui ont une vision contemplative des véhicules, sans essayer de les saisir. La méditation rend conscient de ce que l'on est, même si malheureusement on n'est pas ce qu'on espérait. |
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FIN |